Orchestre National de France

Musique

DIRECTION MUSICALE Daniele Gatti

Gustav Mahler n’est pas mort à Venise. C’est à lui pourtant que Thomas Mann songe en décrivant la mort de Gustav von Aschenbach aux dernières pages de La Mort à Venise, alors que le compositeur vient de mourir. Et c’est à l’adaptation de ce même roman par Visconti au cinéma, et à son utilisation de l’adagietto de la Cinquième Symphonie, que Mahler doit en partie le regain de popularité qui touche sa musique à partir des années soixante-dix. Nul adagietto cependant pour clore cette année de centenaire avec l’Orchestre National de France et Daniele Gatti, mais l’ultime partition achevée qui soit sortie de la plume de Mahler, le bouleversant adieu de la Neuvième Symphonie.

« Je suis devenu étranger au monde » chantait Mahler dans un lied de 1902: en 1909, la rupture est consommée, et c’est sur le mode du souvenir, au long de cette extraordinaire narration aux phrases amples qui comme celles de Proust creusent toujours plus profond dans les méandres de la mémoire, que Mahler évoque dans un immense regard en arrière ce qui fut son art et sa vie, ses tourments et ses espoirs. Avant de laisser s’évanouir, comme une ville qu’on a aimée disparaît au loin à la poupe d’un bateau, avec nostalgie, avec reconnaissance pour ce qui a été, dans la certitude que tout paradis est un paradis perdu et que le bonheur n’est qu’au passé, mais pour cela en paix peut-être pour la première fois, ce qu’il avait de plus cher dans un ultime regard d’amour. Et de réconciliation?

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Auditorium
  • décembre 2011
    • samedi 03 à 20h00
Tarif A
de 5,50€ à 57€
Durée
1h50 environ avec entracte

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